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Un allié sur lequel compter | Wim
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Lun 16 Fév - 23:03

Se lier


La Trame se tisse, peu à peu.

« Eleanor, on m’a commandé une reprise acoustique de Chandelier, de Sia. Tu prends ? »

Elle avait soupiré et accepté. Parce que le salaire était conséquent, surtout, il fallait bien l’avouer. Et elle devait veiller à ce que le loyer de l’appartement où vivait leur mère soit payé, chaque mois. Elliot n’avait plus le temps de travailler, et surtout pas pour elle, il devait gérer son propre budget, sa propre vie. Elle comprenait, et puis, comment aurait-elle pu lui en vouloir ? Alors qu’il s’était presqu’entièrement retiré de la vie d’idole, elle, elle ne faisait que trimer davantage. Elle prenait des travaux qui auraient dû être les siens, pour qu’il puisse se consacrer à ses études.

Elle était du genre altruiste, Eleanor. A s’offrir sans compter, sans penser aux conséquences pour elle-même. De toute façon, elle comptait pour rien, non ? Cette pensée, elle tentait toujours de l’ignorer, parce que ça faisait mal, parce qu’elle se sentait faible quand elle venait s’immiscer dans son esprit, l’air de rien. Elliot avait bien tenté de lutter contre cette vision misérable qu’elle avait d’elle-même, sans succès. Très peu de gens savaient l’enfant mal assurée qui se cachait derrière la surface paisible, mais lui, il en était peiné.

Ainsi donc, en ce dimanche matin, elle était assise dans un coin du parc et réfléchissait à sa composition. Elle avait du mal à imaginer comment elle transposerait cette mélodie à son style si doux, si léger. Cette chanson n’était pas innocente, pas du tout même. Cela lui posait vraiment problème, en fait. Elle n’avait pas l’habitude de créer quelque chose si elle ne le voulait pas. Cela la bloquait sans doute. Ses yeux se fermèrent, elle s’abandonna. Pendant une seconde, une toute petite seconde. Parce qu’ensuite, elle entendit des rires qu’elle reconnaissait, et cela n’augurait rien de bon pour elle.

Asatarô et ses congénères la harcelaient depuis quelques semaines, maintenant. Tout avait commencé quand elle avait refusé de sortir avec le premier. Pas intéressée. Pas le temps pour ça. De toute façon, d’instinct, elle ne supportait pas ce gars. Lorsqu’il s’était mis en tête de la persécuter, au début, elle n’avait pas perçu la différence. Puis les pieds s’étaient tendus devant ses pas, elle avait été poussée plusieurs fois dans les escaliers, et maintenant… Maintenant il approchait. Elle effaça la peur dans ses yeux, rangea ses affaires et carra les épaules. Tout ceci n’allait pas être agréable. Pas du tout même. Ils étaient à six contre elle seule, après tout.
______________

Elle avait réussi à leur échapper. Tout son corps était douloureux, meurtri. Sur sa peau fragile fleurissaient des hématomes, en grand nombre. C’était la première fois qu’ils la frappaient si ouvertement, sans mettre en scène un accident. Si son visage avait été épargné, ce n’était pas le cas de ses mains : le dos de la gauche était éraflé, il saignait légèrement. Plusieurs de ses doigts étaient enflés. On avait visiblement marché dessus. Son poignet droit aussi enflait, teinté d’une intéressante couleur violette. Intéressante… Et encore plus douloureuse.

Ils ne l’avaient pas ratée, mais n’avaient pas réussi à lui soutirer la moindre plainte. Elle n’avait pas pleuré, pas supplié. Elle avait sa fierté, une fierté immense, inflexible. Ses yeux se fermèrent. Elle pouvait se laisser aller maintenant. Elle laissa échapper un sanglot étranglé, plongeant son visage dans ses mains meurtries pour cacher ses larmes. Elle avait le cœur serré par l’incompréhension, par cette souffrance sourde qui semblait vouloir l’étouffer. Son monde tombait en morceaux.

Des pas la firent sursauter, mais elle ne se retourna pas. Elle savait qui c’était, elle reconnaissait sa démarche. Et puis, qui d’autre aurait pu la retrouver à cet endroit, son endroit secret ? Elle lui avait même appris à forcer la serrure de la porte. C’était interdit, normalement, surtout aux élèves, mais elle avait eu besoin de l’air vif, du vent, du vertige qui ne répondait qu’au mot « marchombre ». Elle sécha ses larmes, précipitamment, et  tenta de raffermir sa voix pour ne pas l’inquiéter.

« Je… Je sais que c’est toi, Wim. »

Elle referma les yeux. Elle aurait aimé être moins faible.

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Wim Wagner
Élève de la filière scientifique

Mar 17 Fév - 22:25
    Une journée commença. Hors de son lit depuis plus d’une heure, Wim terminait de se préparer pour aller en cours. Assister au cours était une sorte de calvaire mêlé à une certaine euphorie. Car le bonheur de s’adonner au travail était mêler au fait de devoir supporter ses camarades de classe avec qui le jeune homme entretenait une relation plutôt tendue. Il passa sa main dans ses cheveux une dernière fois, ajusta encore sa cravate pour qu’elle soit parfaitement droite, puis il attrapa son sac pour se diriger vers sa salle de cours.

    Comme à son habitude, il arriva le premier. Il s’installa à sa place, dernière table au fond de la classe, sortit ses affaires, et attendit patiemment la venue des autres. N’était-ce pas aujourd’hui que l’on rendait les copies des derniers contrôles ? Si, se souvint Wim. Inquiet au sujet de sa note, Wim commençait à faire craquer ses doigts comme pour se calmer. Il espérait de tout cœur avoir réussi. Réussi à sa manière signifiant un presque sans-faute, évidemment.

    La classe se remplissait peu à peu d’élèves, s’installant tous dans un brouhaha linéaire. Lorsque le professeur haussa la voix, la plupart se calmèrent. S’en suivi une longue tirade de la part de leur professeur sur le dernier devoir. Comme quoi certaines notions n’avaient pas été comprises ou bien apprises. Comme quoi les notes étaient plutôt basses. Wim écoutait à peine, trop songeur sur ses résultats. Trop stressé sur son possible échec.

    -Bien, râla le professeur en se levant de sa chaise, je pense qu’il est temps de vous les rendre, ces copies.

    Avançant lentement entre les rangées de tables, le professeur passa les copies aux élèves. Les premières notes relativement basses laissaient Wim songer qu’il les avait rangées dans l’ordre croissant. Pour plus embêter les élèves, sinon le plaisir n’était pas là. Tantôt son professeur lâchait un commentaire désobligeant, tantôt aucun commentaire, presque plus humiliant et rageant. Le tas de copies s’amenuisait avec les secondes qui s’écoulaient. Finalement, Wim, suivant du regard son professeur, le vit s’approcher de sa table avec la dernière copie.

    -Félicitation, monsieur Wagner. Un sans-faute.

    Lui-même n’en revenait pas. Un sans-faute ? De voir la note maximale écrite en rouge sur le haut de sa copie procurant un sentiment d’accomplissement rare chez Wim. Il glissa sa copie sous ses yeux pour mieux lire ce qui était écrit. Satisfait. Oui, il était satisfait de lui. Il était assuré de passer une bonne journée dès à présent. A moins que…

    Le cours continuait calmement avec la correction du contrôle. On réexpliquait tout. Les élèves écoutaient presque tous. A l’exception de quelques-uns qui profitèrent du calme ambiant pour lancer quelques remarques acerbes à l’encontre du jeune Wim, qui essayait de les ignorer, regardait ailleurs, pensant à autre chose, puis feuilleta son livre de chimie, grappillant quelques informations par la même occasion. Il atterrit sur un chapitre l’intéressant particulièrement et entreprit sa lecture, se désintéressant totalement du cours qui se déroulait.

    -Votre note ne vous exempte pas de cours cependant, monsieur Wagner.

    Il releva brusquement la tête et ferma violemment la couverture du livre. Puis il baissa les yeux sur sa copie en signe d’excuse. Il se remit en condition de travail puis écoutait avec une pointe d’ennui ce qu’il avait réussi. Un appel le fit cependant tiquer.

    -Tss. Tu te crois peut-être encore trop bien pour nous, nan ? Après tout, on est que des génies ici.

    Le ton était critique et moqueur. Wim se retourna et osa une réplique forte. C’était impressionnant à quelle point il était plus à l’aise avec ses ennemis qu’avec ses amis.

    -Peut-être, après tout. Puisque quand on voit quel genre d’individu traîne ici, on est en droit de se demander si cela reste toujours une académie pour surdoué.

    S
    a fausse assurance était convaincante, et l’autre commençait à s’énerver devant lui. Les deux firent tellement de bruit que cela intrigua le professeur qui s’enquit de leur dispute. Il haussa la voix et ordonna aux deux élèves de le rejoindre après les cours.

    Le reste de la classe se déroula calmement et sans encombre. Une fois que la sonnerie retentit, les élèves partir, sauf les deux idiots se retrouvant en face de leur professeur. Aucun des deux n’eut le courage nécessaire de parler et de se défendre. Ils acceptèrent sans broncher les remarques de la part du professeur. Puis finalement quittèrent la pièce sans rien dire. Wim s’enquit de rentrer chez lui, lorsqu’il sentit une main lui attraper le col de sa chemise. Il était là, son camarade, prêt à l’attendre, comme toujours. Sans dire un mot, Wim se prit un violent coup de poing dans la mâchoire et gémit de douleur. Quelques insultes fusèrent. Des menaces. Puis il partit, laissant Wim seul dans le couleur, dans un état misérable.

    Mais qu’importe ? Cela ne lui faisait plus rien désormais. Qu’importe ? Il trouverait bien un moyen de se venger. Si on le faisait souffrir, n’avait-il pas le droit de se venger après tout ? N’était-ce pas la justice ?

    D’un revers de la main, il essuya le sang sur la joue et chercha un endroit où il pourrait enfin respirer sans être déranger et embêter. Le toit lui revint tout de suite en mémoire, et Wim s’enquit de s’y rendre. Eleanor lui avait appris à ouvrir la porte, c’était sans mal qu’il parvint à l’ouvrir. Il y pénétra, puis avança doucement. Une voix s’éleva, surprenant le jeune homme qui pensait être seul. Il reconnut cette voix immédiatement.

    -Eleanor ?

    Lança-t-il. Il s’inquiéta, il sentait bien qu’elle tentait de dissimuler une peur. Ne se préoccupant plus de lui, ni des raisons de sa venue, Wim s’élança rejoindre Eleanor. Il se planta, devant elle une fois qu’il l’aperçut. Elle semblait mal en point. Mais il eut surtout peur lorsqu’il aperçut ses mains, enflées et ensanglantés, si bien qu’il en oubliait son visage lui aussi tâché par le sang.

    -Mon dieu, Eleanor…

    Il s’approcha tout prêt d’elle et planta son regard dans le sien, comme pour inciter la jeune fille à lui parler, à tout lui raconter.


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Mer 18 Fév - 1:04

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La Trame se tisse, peu à peu.

Elle se retourna lentement pour le regarder. Comme à chaque fois, elle ne put s’empêcher de le trouver beau. Décalé, certes, mais beau, à ses yeux. Elle s’attarda un instant sur ses pommettes déterminées, son front sage, et ses yeux, ses yeux… Non, elle ne le dévorait pas du regard. Elle aimait juste la beauté, en tant qu’artiste, et elle en voyait là un spécimen bien loin des fades standards de la société. Eleanor était une personne passionnée qui foulait des sentiers à part, pour ne pas se laisser atteindre par ce qui l’entourait.

Et pourtant, ils l’avaient atteinte. Ils avaient brisé quelque chose en elle, en l’amenant à verser des larmes. Elle se sentait profondément meurtrie, salie, bafouée. Quand son cœur se serrait à l’entente d’atrocités dans le monde, elle jugeait cela normal – non dans la norme, mais le comportement que les humains devraient avoir, plutôt que leur sourde indifférence – mais quand elle pleurait parce qu’elle avait mal, elle se haïssait de sa faiblesse. Elle n’en revenait pas, avec un brin de recul, d’être si faible, si… Inutile. Et impuissante. L’impuissance était le pire de tous les fléaux qu’elle connaisse. Elle qui voulait hurler et rugir se retrouvait à peine capable de murmurer et rougir.

« Eleanor ? »

Prise entre fureur et détresse, elle posa sur lui un regard plein de larmes contenues. Fureur, parce que quelqu’un avait osé blessé Wim. Son premier et plus cher ami. Détresse, parce qu’elle n’avait pas été là, et même si ç’avait été le cas, elle n’aurait rien pu faire pour l’empêcher, elle le savait. Rien, à part peut-être encaisser à sa place. Eleanor était très douée pour protéger les autres en faisant de son corps un bouclier. Elle savait refouler ses plaintes endolories, planter un regard glacial dans celui de la personne qui l’agressait. Elle l’avait fait, avec Asatarô et les autres, quand ils l’avaient frappée, un peu plus tôt.

Wim était tellement grand… Si elle n’avait pas parfaitement compris sa peur du contact, elle n’aurait pas pu résister à l’instinct qui la poussait à quémander ses étreintes. Elle n’avait jamais été plus loin que lui prendre la main, et ce seulement parce que c’était dans sa nature tactile. Elle lui apprenait, peu à peu, avec patience et délicatesse, que toucher quelqu’un d’autre, être touché, n’était pas qu’une source de peur ou de douleur. Difficile d’y croire quand il y avait eu dans sa vie plus de coups que de caresse. Oui, Eleanor savait, elle savait la persécution, les vengeances, peut-être la graine d’innocente incompréhension. Elle savait, et elle les ressentait en cet instant.

« Mon dieu, Eleanor… »

Elle intercepta son regard, si doux, si intelligent, et cela lui fit mal. « Que s’est-il passé, Eleanor ? » « Qui t’a fait du mal ? » « Pourquoi ne m’as-tu pas dit que tu avais des problèmes ? » Elle savait. Elle aurait posé les mêmes questions, posait les mêmes questions, en le voyant lui aussi blessé. Certes, elle était dans un plus piètre état, d’autant qu’il n’avait pas vu son dos et ses jambes, puisqu’elle était vêtue d’une robe victorienne et d’une paire de bas noirs, mais lui, il était touché au visage. De toute sa vie, Eleanor n’avait reçu qu’un seul et unique coup sur cette partie du corps, une gifle de la part d’une idole jalouse de son succès. Elle s’était sentie profondément mal, parce que le visage était le vecteur de quatre de ses sens, et que son instinct la poussait, d’une manière terriblement animale, à le protéger.

Elle laissa une larme rouler sur sa joue. Une seule. Puis elle se reprit, d’une main de fer, son regard se verrouilla presque visiblement. Elle ne pleurerait pas. Pas alors que ses plaies n’étaient que physiques. Vacillante, elle s’avança d’un pas, se déboîta presque le cou pour garder le contact visuel. Elle craignait qu’il soit dans un état psychologique plus instable que ce qu’il montrait. Elle ne le voulait pas. Eleanor était encore une enfant pour certaines choses. Elle restait un peu, au moins un petit peu naïve. Et elle voulait que Wim ne souffre plus.

« Viens là. Je vais te soigner. Si tu veux, tu pourras t’occuper de moi après. »

L’ordre de passage n’était pas discutable, son ton ne tremblait pas, comme pour l’affirmer. Avec Wim, parler était presque naturel. Pour ce genre de situations, les mots coulaient comme de l’eau. Elle le prit par le bras et le fit asseoir. Comme ils manquaient de force tous les deux, elle ne fit pas cela brutalement, mais avec beaucoup de douceur et d’écoute. Elle détestait être brusquée par des gens plus forts, elle se disait qu’il en était sans doute de même pour lui. Ses mains lui faisaient mal, une douleur sourde et palpitante, mais elle l’ignora.

« J’ai ce qu’il faut pour ce genre de blessures, tu penses bien, avec mes chutes… »

Elle sortit de son sac à main un essuie-mains, qu’elle déplia et posa devant lui. Elle l’avait fait asseoir en tailleur, et prit place de la même façon, devant lui. Sur l’essuie-main, elle posa tout ce dont elle aurait besoin. Elle se concentra sur ce qu’elle allait faire, formant un petit récapitulatif, puis s’attela à sa tâche.

Tout d’abord, elle prit une compresse qu’elle humidifia avec l’eau d’une bouteille d’un litre, à peine entamée, et la passa sur sa mâchoire. Un hématome se formait. Heureusement, la peau n’était pas éraflée ou arrachée. L’eau devait lui faire du bien, elle sentait que la peau de la zone touchée était un peu plus chaude, et elle palpitait légèrement sous ses doigts, signe que des capillaires s’étaient rompus.

« Je… Ça risque de faire un peu mal. Pardonne-moi. »

Le choix des mots était important. Elle n’était pas « désolée », elle ne lui présentait pas « d’excuses », elle lui demandait pardon. C’était un signe d’une profonde humilité, qui dans son cas virait même à l’auto-détestation. Peut-être pouvait-il le soupçonner. Il était si intelligent… Et il était, avec Elliot, l’une des rares personnes dans ce monde à bien la connaître. Elle s’empara d’un tube de pommade à l’arnica et en déposa une noisette sur deux de ses doigts miraculeusement intacts, avant de l’étaler sur sa mâchoire. Elle ne faisait pas cela avec hâte comme on le voyait parfois dans les hôpitaux, caressant plutôt que malaxant, tentant vraiment de ne pas lui faire mal. Son regard triste et anxieux ne le quittait pas. Si elle avait pu faire disparaître ses blessures d’un coup d’œil, sa peau serait comme neuve.

« V… Voilà. Je vais te laisser ma pommade, j’en ai un autre tube dans ma chambre. J’aimerais que tu en mettes trois fois par jour, jusqu’à ce que l’hématome ait disparu. Si tu as mal, tu peux prendre un cachet, ce sont ceux-ci. Et si le cachet ne suffit pas, refroidis la blessure avec de l’eau. »

Elle laissa retomber ses mains mutilées sur ses genoux, baissant la tête. Elle se sentait tellement impuissante ! Et meurtrie aussi. Psychologiquement, par l’état de son ami, physiquement aussi, de manière très – trop – visible. Elle avait tellement mal que son épiderme, au niveau de ses blessures, ne réagissait plus aux autres sortes de contacts.

« Tu… Tu voudrais bien t’occuper de moi ? »

Son regard croisa le sien, encore. Et, autant que sa voix, il suppliait.

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Wim Wagner
Élève de la filière scientifique

Mer 18 Fév - 22:13
    La voir ainsi meurtrie arracha à Wim une profonde envie de se venger. Il savait qu’il n’était pas le seul à souffrir. Et de voir l’une des personnes avec qui il se sentait le mieux et le plus proche lui donnait la profonde envie de se venger. Oui, se venger de ceux qui les faisaient tant souffrir, alors qu’eux n’avaient rien fait et rien demander. Mais il songea à Eleanor. Approuverait-elle son comportement ? Non, sûrement pas. Wim devait se faire une raison, mais il ne pouvait pas exclure ses envies vengeresses de sa tête.

    Pourtant, il voulait ne pas le faire. Juste pour elle. Pour qu’elle ne sache pas ce qu’il était capable lui aussi de faire. Ce sentiment s’accentuait lorsqu’il vit qu’elle s’occupait de lui avant de se préoccuper d’elle-même. Comment pouvait-elle faire ça ? Comptait-il donc autant pour elle ? Ce désintéressement total de sa propre personne ne manqua pas de toucher Wim et de renforcer son désir de ne pas la décevoir en lui montrant la part plus sombre de son âme.

    Il savait que refuser de se faire soigner était inutile. Quand Eleanor avait ce genre d’idée en tête, elle savait se montrer persuasive et têtue. Se laissant tirer par le bras par la jeune fille en lâchant un soupir montrant toute sa soumission, Wim s’assit à ses côté, aider par la jeune fille qui avouait avoir tout ce qu’il fallait pour le soigner. Lui était épaté. Avec ses problèmes de santé, en particulier son asthme, il devait lui aussi prendre des médicaments. Mais une fois sur deux, il les oubliait ou ne respectait pas les horaires, trop occupé à lire ou à travailler.

    Assis en tailleur devant elle, Wim observait calmement tous ses faits et gestes, et ne put s’empêcher de penser qu’elle était jolie. Ses gestes étaient gracieux, son visage adorable, ses cheveux magnifiques, mais c’était surtout son style vestimentaire qu’il appréciait aujourd’hui. Une robe dont il reconnaissait le style victorien venait habiller Eleanor. Wim aimait beaucoup ce genre de vêtement, lui aussi aimait soigner ses tenues et elles aussi se rapprochant du style victorien.

    Elle commençait à le soigner, passant un peu d’eau sur le visage du jeune homme. Ce contact le fit frissonner et il baissa d’instinct les yeux pour regarder. Rien que cela lui soulagea déjà la douleur qu’il ressentait. Il ne savait pas trop quoi dire dans un moment pareil, alors le jeune homme se contenta de rester assis en silence et de se laisser soigner par Eleanor. Il ferma légèrement les yeux comme pour se reposer un peu et profiter du peu de calme et de tendresse qu’on lui accordait finalement. Lorsqu’elle parla, il les rouvrit. Il n’en avait que faire que ça fasse mal ou non. Ce n’était pas ça qui le dérangeait au final, mais plus ce « pardonne-moi ». Pourquoi s’excusait-elle après tout ce qu’elle venait de lui faire ? Se détestait-elle donc à ce point ? Sans rien dire, Wim hocha la tête en esquissant un léger sourire. Lorsqu’elle posa ses doigts sur sa joue blessée, son corps se crispa, à cause de la froideur de la crème, mais aussi à cause de ce geste qui le gênait de plus en plus. Puis il respira pour se calmer, pour ne pas l’inquiéter. Tout allait déjà assez mal comme ça…

    Elle s’arrêta. Il voulut la remercier, mais elle lui fit des recommandations, lui expliqua comment se soigner, lui passa même sa crème. C’était étrange. A chaque fois qu’il se disait qu’elle ne pouvait pas faire plus pour lui, elle le faisait quand même. Lui se sentait un peu idiot, ne sachant quoi répondre.

    -… Merci, Eleanor.

    Il murmura du bout des lèvres, gêné par l’attention qu’elle lui prouvait. Il finit par relever la tête et observa la jeune fille. Elle était visiblement plus mal en point que lui. Ses mains étaient dans un piètre état. Et lorsqu’elle éleva la vois difficilement pour demander au jeune homme de s’occuper d’elle, Wim ne se fit pas prier deux fois de suite.

    -Bien sûr.

    Sa blessure n’était pas comparable à celle de la jeune fille, et il pensa qu’elle devait souffrir. En prenant ses mains, il tâcha d’être le plus doux possible, ne voulant lui faire mal. Comme elle l’avait fait pour lui, il répéta ces premiers gestes, nettoyant le sang en tapotant doucement une compresse imbibé d’eau. De temps à autre, il relevait la tête pour croiser son regard et vérifier si elle n’avait pas trop mal.

    -Si… Si je te fais mal, dis le moi.


    Plus habitué à soigner ses propres plaies que celle des autres, Wim ne parvenait pas à faire arrêter ses mains de trembler. Pourtant, ses gestes restaient précis, témoignant de la grande concentration dont faisait preuve le jeune homme. Hors du sac à main d’Eleanor, Wim aperçut un rouleau de bandage. Il le saisit sur-le-champ une fois les plaies de la jeune fille correctement nettoyées et propres, puis voyant bien que les plaies étaient assez importantes, il s’exécuta à les bander pour qu’elle n’est plus à supporter le frottement avec ses vêtements, l’extérieur ou même le vent.

    -J’ai presque terminé…. Voilà.


    Puis, une fois ses bandages correctement attachés et positionnés, Wim reposa doucement ses mains sur ses genoux. Mais… N’avait-elle pas d’autres blessures ? Peut-être ne souhaitait-elle pas lui en parler. Mais insistant, il préféra demander à Eleanor.

    -Je… Es-tu blessée autre part ?


    Son regard se faisait inquiet et persistant, ses sourcils se fronçaient, et l’inquiétude repris sa place sur le visage du jeune homme. Si elle était encore plus blessée qu’il ne le pensait déjà, Wim ne se le pardonnerais pas.


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Jeu 19 Fév - 0:51
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La Trame se tisse, peu à peu.

Le vent était taquin, ce jour-là. Il se glissait dans ses mèches aile-de-corbeau, jouait un peu avec, puis relâchait son emprise, pour mieux revenir un peu plus tard. Elle se laissait faire, parce qu’on ne contrariait pas le vent. Le vent était un ami quand elle se perchait malgré sa maladresse dans les hauteurs, pour se sentir libre. Elliot n’avait jamais compris comment sa sœur pouvait grimper au faîte d’un arbre sans effort, et trébucher tous les dix pas. Elle, elle aimait l’écorce et la roche sous ses doigts, elle aimait se soustraire à la gravité. Son regard accrocha le ciel. Elle s’envolerait, un jour. C’était un rêve d’enfant, une songerie adolescente, un objectif adulte. C’était elle.

Il l’avait remerciée. Cela pouvait sembler anodin, mais c’était lui, Wim, pour qui les conventions sociales n’étaient qu’une blague cynique, et elle, Eleanor, la mésange plus fragile qu’un courant d’air, la mésange qui se haïssait. Pendant une seconde, une petite seconde, elle se sentit importante. Cela ne lui fit pas du bien, parce que cela lui rappelait son besoin d’auto-estime. Pourtant, elle fut reconnaissante envers son ami. Elle renia la pulsion qui la poussait à lui caresser la joue en signe de gratitude. Avec Wim, elle devait faire preuve de patience, se rapprocher peu à peu, lentement. L’animal avait été traqué toute sa vie. Il ne connaissait pas la douceur des caresses. Elle, elle savait, et ne demandait qu’à lui offrir ce savoir.

« Bien sûr. »

Cela la soulagea. Elle commençait à voir des points de couleur danser devant ses yeux, ses oreilles sifflaient. Nul doute que sa peau pâlissait de minute en minute, elle savait admettre quand elle était particulièrement mal en point. Elle regarda ses mains, encore, avec une tristesse débordante. Combien de temps ne pourrait-elle plus jouer de la guitare ? Elle savait à quel point elle en avait besoin. La musique vivait dans son sang comme la pensée de Wim hantait son esprit. C’était un élément primordial de sa psyché. Peut-être Asatarô le lui avait-il pris en toute connaissance de cause… Non. Elle ne voulait pas y penser. Son cœur béait…

Elle avait confiance en Wim. C’était une certitude limpide qui fendait les cieux troublés de son esprit. Elle lui laissa ses mains sans la moindre hésitation, fermant les yeux comme il l’avait fait, mais dans un but différent. Elle, elle gravait le moindre de ses effleurement dans son esprit. Elle était seule, profondément seule, sans Elliot, et se raccrocher à son premier ami lui semblait si instinctif, si naturel, qu’elle n’avait même pas besoin d’y réfléchir. Il ne lui ferait jamais de mal, pas volontairement en tout cas. Elle le savait.

« Si… Si je te fais mal, dis le moi. »

Elle hocha la tête. Oui, il lui faisait mal, un peu, mais elle sentait qu’il procédait avec douceur. Elle aurait même pensé « tendresse » si elle s’était laissée aller à la moindre illusion concernant son ami. Elle savait que la tendresse, il commençait à peine à la connaître, à la comprendre. Il était encore loin de pouvoir être tendre avec elle. Et ce qui était cruel… Ce qui était cruel, c’était qu’elle ne s’attendait pas à ce qu’il le soit. Elle n’en valait pas la peine. Elle lui offrait ce cadeau parce qu’il souffrait, parce qu’il lui était cher, mais elle ne s’attendait pas à ce qu’un jour, il la prenne spontanément dans ses bras. Par exemple.

« J’ai presque terminé…. Voilà. »

Elle sourit, rouvrit les yeux, les planta directement dans les siens. Un contact doux, mais intense. Un regard qui disait merci. Il savait qu’elle s’exprimait bien plus aisément par écrit ou par des gestes qu’à l’oral. Une fois, une seule, il avait assisté à l’un de ses blocages. Quand elle ne parvenait pas à dire un mot de plus. Il avait vu son agitation, sa détresse même, quand dès qu’elle ouvrait la bouche seul le silence s’en échappait. C’était psychologique, purement psychologique. Ça l’avait fait fondre en larmes.

« Je… Es-tu blessée autre part ? »

Elle ne mentait pas. Pas à Wim. Jamais. Il était son ami, on ne mentait pas à ses amis, pas quand on suivait un code d’honneur aussi strict que le sien. Ses yeux se fermèrent, alors qu’elle prenait son courage à deux mains. Il lui en fallait. Beaucoup. Elle se retourna, commença à dénouer le serre-taille qui accompagnait sa robe. Elle gémit de douleur quand les chairs ne furent plus comprimées. Pendant une seconde, la douleur fut si vive qu’elle crut qu’elle allait s’évanouir immédiatement. Ensuite, elle se battit malgré ses doigts bandés contre les boutons qui fermaient la robe en elle-même.

D’abord, elle dévoila ses épaules. Un carnage. Il ne restait que quelques centimètres carrés de peau qui avaient été épargnés. Le reste était bleui, parfois éraflé, griffé. Ils ne l’avaient pas frappée qu’avec leurs poings. Elle se débattit pour sortir ses bras de ses manches. Au-dessus de ses deux coudes, des meurtrissures en forme de mains s’étendaient, là où l’un des garçons l’avait tenue pour l’empêcher de se défendre. Comme si elle avait représenté la moindre menace, seule contre six… Puis elle rassembla ses cheveux pour les pousser sur le côté, dévoila son dos. Son ossature délicate était légèrement visible aux creux et renflements de sa peau fragile. Et il y avait tous ces hématomes, sur ses omoplates, le long de sa colonne vertébrale, certains se perdaient dans la chute de ses reins. Et elle, elle restait dos à lui, avec un simple soutien-gorge noir pour protéger sa pudeur.

« Je… Il y en a sur mes jambes aussi… Ils… Ils ne m’ont pas ratée… »

Qu’est-ce qui était le plus important dans ses mots ? L’emploi très clair du pluriel ? La douleur qui chavirait sa voix ? L’ombre de détresse qui alourdissait ses minces épaules ? Tout cela à la fois, sans doute. Elle ferma les yeux, laissa encore une larme rouler sur sa joue. Elle refusait de se retourner. Elle refusait qu’il la voie pleurer. À coup sûr, il aurait honte qu’elle soit une si faible créature. Elle inspira profondément. Et sa voix tremblait quand elle tenta un petit trait d’humour pitoyable.

« N… N’oublie pas de respirer… »

Cette phrase, elle la lançait parfois quand il était particulièrement troublé. Cette fois, c’était elle qui l’était. Elle avait peur et elle avait mal, peur de l’abandon et mal de ne pouvoir se laisser aller. Alors elle se réfugia dans la musique. Elle garda en tête l’un des rares sourires de Wim, s’offrit au vent qui balayait le toit. Elle s’était remise sur ses pieds pour lui exposer ses plaies. Et le vent lui apporta la musique que son cœur voulait chanter. Pour lui.

« Love of mine, someday you will die, but I'll be close behind, I'll follow you into the dark… »

Elle entonna I’ll follow you into the dark, cette chanson qui l’avait tant touchée quand elle l’avait traduite, quelques jours auparavant. Elle ne pouvait s’empêcher de penser à Wim en la chantant, et peut-être était-ce pour cela qu’elle chantait. Quelques larmes roulèrent encore sur ses joues pâles, mais ce n’était pas de la tristesse, c’était un bouleversement général. Elle ne se comprenait plus elle-même. Mais elle pensait à lui. Que les dieux la prennent en pitié, elle ne parvenait plus qu’à faire cela. Sa pensée l’apaisait quand elle fermait les yeux, seule dans son lit froid. La chanson se termina, les dernières notes avalées par le vent. Wim gardait le silence, mais elle savait qu’il était là, qu’il attendait juste qu’elle finisse. Avec respect.

« Reste avec moi… »

Un vœu qu’elle ne pouvait plus garder secret.

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Wim Wagner
Élève de la filière scientifique

Jeu 19 Fév - 21:39
    Il ne s’attendait pas à ça. S’il lui avait demandé si elle était blessée autre part, c’est que Wim s’en doutait au fond de lui-même. Mais jamais il n’aurait cru voir ça. Mais à quoi s’attendait-il au juste ? Peut-être à quelques écorchures, un léger hématome tout au plus. Cependant, le spectacle qui s’offrait à lui était d’une rare violence. Elle s’était débattue avec sa robe pour réussir à l’enlever. Elle laissa échapper un gémissement de douleur lorsque la pression des vêtements se relâcha peu à peu. Puis finalement, elle osa baisser peu à peu le col de sa robe victorienne.

    Alors Wim pu contempler les véritables blessures dont souffrait Eleanor. Ses épaules ne présentaient presque plus de peau saine et propre, et toute leur surface avait été atteinte par des coups. Un mélange dis harmonieux de bleu et de rouge teintait sa peau habituellement blanche. Eleanor retira les bras de ses manches sans prononcer un mot. Wim se contentait de regarder la scène en serrant les dents en pensant à ce qu’elle avait pu subir. Le reste de ses bras n’était pas mieux lotis. La jeune fille semblait avoir été plaquée ou retenue, des traces de doigts étaient parfaitement visibles au-dessus de ses coudes. Wim en déduit déjà que son agresseur devait être « ses agresseurs ».

    Il pensa que cela allait finir. Qu’elle n’allait pas descendre plus bas, dévoilant un peu plus de son corps meurtri chaque seconde. Mais il n’en fut rien, et Eleanor entreprit de décaler ses cheveux sur l’un des côtés pour laisser libre son dos. La même scène se répéta encore et encore, et de nouveaux hématomes vinrent couvrir le corps de la jeune fille. Avait-elle au moins été épargnée à un endroit du corps ? Jamais Wim ne l’avait vu ainsi. Surtout qu’elle argua que ce n’était pas tout, et que ses jambes étaient elles aussi passées dans cet infernal carnage. Elle ressemblait à une poupée avec son teint pâle de porcelaine. Mais ces hématomes la défigurant la faisaient ressembler à l’une de ces poupées anciennes, dont on devinait qu’elles avaient été jolies un jour, mais dont les fissures et les tâches venaient gâcher leur beauté passée.

    L’emploi du pluriel confirma la thèse de Wim. Ils étaient plusieurs. Comment avait-elle alors une chance de s’en sortir, elle, avec sa frêle carrure et son mètre quarante de haut ? Mais sans attendre un mot de plus de la part d’Eleanor, Wim se prépara à la soigner du mieux qu’il pouvait, en prêtant une grande attention à ne pas lui faire plus mal qu’elle n’avait déjà. « N’oublie pas de respirer ». Oui. C’en devenait presque naturel. Il se crispait, respirait de moins en moins. Wim faisait toujours ça lorsqu’il était gêné. Lorsqu’Eleanor risquait un contact physique avec lui.

    -Je tâcherais d’y penser.


    Il se demanda s’il avait eu la bonne idée de répondre à ça. Mais qu’importe, il fallait agir, et vite. Devant tant de blessures, Wim procéda dans l’ordre, commençant par ses épaules. Doucement, avec de l’eau, comme il avait procédé auparavant, il commença à essuyer et à nettoyer doucement le sang qui restait, ainsi que les possibles poussières et bout de fil provenant de ses vêtements. En posa ses mains sur ses épaules, il ne put réprimer d’intense frisson, virant presque aux tremblements. Ses doigts craquèrent malgré lui. C’était sûrement la première fois qu’il avait un tel contact physique. Certes, pour une première fois, la situation aurait pu être différente et plus agréable. Mais il n’y pouvait rien. Il se reconcentra pour essayer de ne plus trembler, pour essayer d’être le plus précis possible. C’était difficile, surtout avec son esprit embrumé et ses incessants tremblements.

    -Désolé si je te fais mal. J’essaie d’être le plus doux possible mais… C’est compliqué.

    Ses gestes commençaient à être plus assurés à force de répéter le même acte sur chacune de ses plaies. Puis finalement, Elenaor fit sortir son esprit de son corps, le fit voyager pour quelques instants du moins. Elle chanta. Lui n’avait jamais eu l’occasion d’entendre sa voix lorsqu’elle chantait. Et de l’entendre chanter ainsi ne put que ravir le jeune home. Il ne l’interrompit pas. Il se contenta de l’écouter avec silence, respect, mais surtout plaisir. Puis sa chanson se termina, en même temps qu’il eut finit de laver et panser ses plaies. Il ne prononça pas un mot, se contentant de rester près d’elle. Puis elle murmura quelque chose qu’il ne pensait pas entendre. Rester avec elle ? Maintenant ? Oui. Evidemment. Il n’allait pas la laisser seule. Il ne voulait pas la laisser seule. Surtout dans une telle situation. Il éleva la voix, essaya de la rendre la plus convaincante possible.

    -Bien sûr que je vais rester avec toi.

    Et il ajouta, la voix tremblant légèrement, oubliant son si soudain aplomb.

    -Parce que j’ai besoin de toi.



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Jeu 19 Fév - 22:59

Se lier


La Trame se tisse, peu à peu.

Elle aurait aimé être sûre de l’avenir. Fermer les yeux et croire, avec assurance, comme elle voyait Elliot le faire. Mais elle n’était pas son frère. Elle n’avait pas son aisance pour se faire aimer des gens. La preuve s’en étalait sur son corps. Elle regarda encore ses mains, mais se contraignit à continuer de chanter. Elle s’envolait. Ses yeux vides fixaient le ciel et ne voyaient plus que lui.

Elle s’offrait à ses mains sur lui. Elle lui faisait absolument confiance, et percevait sa peur comme un goût âcre dans sa bouche. Elle aurait voulu que lui puisse lui faire confiance, mais qui se serait fié à elle ? Elle était si fragile que le vent l’aurait brisée s’il n’avait été l’un de ses alliés. Elle soupira, ferma les yeux, et supplia – il ne fallait pas se faire d’illusion, c’était une supplication – Wim de ne pas la laisser seule. De ne pas l’abandonner. S’il la laissait maintenant, en tête à tête avec ses démons, ils la dévoreraient. Et ne laisseraient que cendres.

« Bien sûr que je vais rester avec toi. »

Elle eut une ombre de sourire. Soulagé. Si elle s’en voulait d’être dépendante de lui, si elle était dévorée par la peur de l’emprisonner, de le priver du cours normal de sa vie, elle était heureuse qu’il accepte de rester. Heureuse qu’il parle d’un futur jamais imaginé car jamais envisagé, jamais espéré. Heureuse enfin de son assurance, du ton de l’évidence qu’il avait choisi d’employer. Elle n’était pas assurée comme lui, elle. Devant ses yeux, le futur se délitait, bougeait sans cesse. Elle avait l’impression de se laisser aller, d’être passive. Elle ne maîtrisait pas son existence, ne savait pas si elle vivrait demain. En vérité, elle savait bien peu de chose. Elle savait que Wim était important. Que ce qui était important devait être respecté.

« Parce que j’ai besoin de toi. »

Pendant un instant, elle eut l’impression de ne pas comprendre. Elle tourna la tête, fixa son ami pendant de longues secondes. Ses oreilles ne sifflaient pas, il avait bel et bien dit cela, elle ne le déformait pas. Ses paupières battirent, tentèrent de retenir une larme d’émotion. Sans y parvenir. Elle était émotive, elle était fragile, c’était comme ça. Elle le regarda, avec toute la tendresse du monde dans les yeux. Ces mots, c’était un cadeau qui lui offrait. Qu’elle gardait précieusement. Elle n’en demandait pas plus. Elle se sentait déjà honorée par le fait qu’il la laisse lui prendre la main, lui caresser la nuque, les cheveux, par le fait qu’il lui parle, qu’il passe du temps avec elle. Et là… Là, son cœur aurait pu éclater de bonheur.

Elle ne savait pas. Elle ne savait plus que faire, elle était perdue. Oui, pour une fois, d’eux deux, c’était elle qui hésitait, elle qui se laissait aller à une prégnante timidité. Ses joues d’un rose soutenu pouvaient témoigner de l’émotion qui la bouleversait. Puis, finalement, elle lui offrit son plus merveilleux sourire. Et, l’attirant vers lui, elle lui déposa, pour la première fois, un baiser sur la joue.

« Je serai toujours là pour toi. »

Son souffle tiède portait encore l’odeur des bonbons à l’eucalyptus dont elle raffolait. Mais elle ne voulait pas s’arrêter là, pas après ce qu’il lui avait offert. Doucement, elle se rhabilla, tentant de ne pas déranger ses bandages. Elle bouda par contre le serre-taille, qui lui ferait bien trop mal si elle avait l’audace de le remettre. Puis elle reprit la parole, regardant son ami dans les yeux.

« Tu vas devoir te concentrer sur ton souffle, Wim. »

Doucement, pour la première fois encore, elle l’enlaça. Il était si grand que sa tête se retrouvait sous son pectoral. Elle s’y appuya, veillant à lui laisser l’espace pour respirer, écouta la chamade de son cœur. Elle avait constaté que le rythme cardiaque de Wim accélérait dès qu’elle le touchait. Elle sourit, lui caressa le dos pour le rassurer. Avec la pulpe de ses doigts, elle traçait des petits cercles sur ses muscles, comme quand elle l’avait massé, presque certaine que ce souvenir remonterait dans sa mémoire et contribuerait à l’empêcher de paniquer.

« C’est un câlin. Ça ne fait pas mal, tu vois ? On fait ça pour faire plaisir à l’autre, pour lui faire savoir plus fort que les mots qu’on sera toujours là pour lui. Je serai toujours là pour toi. Je t’en fais le serment. »

Et la Mésange ne rompait jamais ses promesses, cela se savait.

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Wim Wagner
Élève de la filière scientifique

Ven 20 Fév - 18:04
    Wim parvint à soutenir son regard pour quelques secondes, puis il baissa les yeux sur ses propres pieds, visiblement gêné et perdu, et désemparé face à ce genre de situation où il devait faire face à ses propres sentiments en plus de ceux des autres. Il ne regardait même plus Eleanor. Trop gêné pour ça, de toute manière. Si elle avait les joues roses, celle du jeune homme devaient être écarlates. Il se demandait bien ce qu’elle pouvait penser de lui désormais. Mais de toute façon, tout ça n’avait plus d’intérêt.

    Alors qu’il ne s’y attendait pas, il sentit une main, celle d’Eleanor, l’attraper pour l’attirer contre elle. Cela allait le gêné encore plus qu’il ne l’était déjà. Enfin… C’aurait été ça, si la jeune fille n’avait pas déposé un baiser sur la joue du jeune homme. Chose anodine pour la majorité, c’était quelque chose de presque étranger pour un garçon comme lui. Oui, car lui appréhendait toujours les contacts physiques, qu’il n’arrivait pas à accepter et à apprécier. Alors il avait l’habitude de les fuir. Mais avec Eleanor, la fuite aurait été inutile.

    Et savoir qu’elle serait là pour lui le soulagea. Cela le soulagea de savoir qu’il ne pourrait pas être seul, quoiqu’il arrive, car Eleanor ne mentait pas, il l’avait bien compris. Il ferma les yeux, essaya de calmer le flot d’émotion qui le submergeait et osa un léger sourire. Puis Eleanor se rhabilla, lui regardait le sol. Il finit par rouvrir les yeux, planta son regard dans celui de la jeune fille. Avant que le silence s’immisce entre les deux individus, Eleanor parla. Se concentrer sur son souffle ? Perplexe, Wim comprit vite.

    Elle s’approcha, passa ses bras autour de la taille du jeune homme et se blottit contre lui. Wim frissonna comme à son habitude, surtout qu’il n’était pas préparé à cette étreinte. Sa gêne habituelle dans ce genre de moment remonta de nouveau, et il était de nouveau en proie à la panique. Mon dieu que les relations sociales étaient un terrain inconnu pour lui. Il avait certes un peu progressé, mais la route était encore longue.

    Mais il ne se laissait pas abattre. Après tout, il fallait bien que ce genre de chose arrive un jour, et il était très en retard sur ce plan-ci. Alors, comme Eleanor lui avait conseillé, il se concentra sur sa respiration, essayait de se faire à la situation. Sentir les caresses de la jeune fille dans son dos l’aidait à se calmer. Sentir ses doigts tracer des cercles sur ses muscles l’aidait à se détendre. Puis finalement, il parvint à retrouver une respiration presque normale, son rythme cardiaque s’apaisa quelque peu, puis il essaya de mettre en œuvre ce qu’Eleanor lui avait déjà conseillé : « Apprécie ».

    -Je… Je sais que ça ne fait pas mal mais… Mais… J’ai des problèmes avec ça. Encore et toujours.


    Oui Eleanor, ça ne faisait pas mal. Et avec elle, ce genre de chose devenait presqu’agréable. Faisant de gros efforts de son côté, Wim passa lui aussi ses bras autour de la nuque de la jeune fille. Cela lui demanda de la concentration, mais tout semblait bien se passer. Il fit même attention à ne pas lui appuyer sur les épaules, sachant qu’elle était fortement blessée à cette endroit. Et finalement, il se laissa aller. Dans son étreinte, il remarqua tout juste à quel point elle semblait si petite face à lui. Leur différence de taille était pour ainsi dire impressionnante. Il osa finalement parler après ce long moment.

    -Donc on sera là l’un pour l’autre.


    Ce n’était en aucun cas une question mais une affirmation. Parce qu’après ce qui venait de se dérouler, aucune interrogation n’était possible. Ils seraient là l’un pour l’autre, quoiqu’il arrive. Ils ne voulaient pas et ne pouvaient pas se laisser seuls.

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30.04.15
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